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A l'inverse d'une sexualité positive
qui conduit à la communion mutuelle d'un homme et
d'une femme dans la durée, la sexualité peut
être lieu de servitude et d'enfermement.
Lorsque
l'autre est réduit à un objet capable
d'assouvir mon plaisir, lorsque le visage de l'autre, la
tendresse sont absents, la sexualité est un
enroulement de moi autour de moi-même et je perds ma
liberté en me rendant esclave de ma
pulsion.
Un sexologue raconte
que lors d'une consultation une femme lui avouait que
lorsque son mari lui offrait des fleurs elle savait que
c'était parce qu'il voulait acheter son consentement
par des extravagances... A méditer sur le sens du don
gratuit et de l'accueil de l'autre...
Si certains gestes provoquent chez l'homme
une excitation trop rapide, certains permettent de
tempérer une pulsion, de marquer l'attention de
l'autre, sa tendresse. Une main posée immobile, une
étreinte , une parole de compréhension vont
alors permettre de retarder l'union, de trouver un lieu de
rencontre plus partagé donc plus vrai.
Dans certains cas, la
rééducation d'une sexualité trop
à fleur de peau, peut passer par cet apprentissage
qu'est la rencontre immobile des corps où l'absence
de mouvement permet une union sans recherche de l'orgasme.
Cette proximité respectueuse des conjoints dans leur
chair permet de réguler et de sublimer leur
désir mutuel pour donner place à la simple
tendresse, à l'abandon de la quête
effrénée d'un plaisir au profit d'une
rencontre plus vraie. Elle n'est possible que lorsque les
deux se sont mis d'accord au préalable pour ne pas
aller jusqu'à la consommation de leur union..., pour
une rencontre « tendre »
La
rencontre prend une dimension plus grande quand elle conduit
à cette merveille qu'est l'enfant. L'enfant est le
cadeau qui vient à la fois sceller et bouleverser la
rencontre. Il nous échappe et nous fait grandir,
modifie la qualité de notre rencontre. Il nous
dérange aussi, nous forçant à
l'ouverture et à l'amour. Le corps
de la femme réagit périodiquement à
cette fécondité possible. Son corps se fait
plus réceptif. Ses sécrétions intimes
se liquéfient Son désir est plus à vif,
à fleur de peau. Elle expérimente alors ce que
l'homme ressent plus quotidiennement. Cet
apprentissage du désir chez la femme peut-être
d'ailleurs pour elle un moyen de percevoir ce que ressent
son mari. Mais cette
perception n'est possible que lorsqu'elle ne met pas de
frein à sa fécondité. En nivelant sa
fécondité, certains contraceptifs hormonaux
peuvent niveller également son désir et la
rencontre sexuelle perd pour elle une grande partie de son
attrait. La question de l'enfant peut être
l'opportunité d'un dialogue sur la fréquence
et la qualité de ses relations. Lorsque l'opportunité
d'un enfant est évacué, la sexualité du couple perd
parfois l'opportunité d'un dialogue respectueux sur la fréquence et la qualité de ses
relations. Mais ce n'est qu'un écueil.
En effet, l'utilisation de moyens moins mécaniques ne garantit
pas que le dialogue sur la fécondité du couple soit instauré.
En se limitant à une constatation du possible/non possible, le
couple ne s'interroge pas plus sur la volonté réciproque
d'union. C'est pourquoi toute l'analyse développée plus haut
sur une rencontre attentive et sur une sexualité couronnant la
tendresse est plus importante, à nos yeux, que des considérations
sur les moyens. Ce qui importe avant tout, c'est la qualité de
l'amour des conjoints, leur recherche d'un amour vrai
au service du bonheur du couple, d'un « nous » vivant et fécond
pour une parentalité responsable. Tout en dépend. L'ouverture
d'un dialogue sur rythmes, désir, plaisir, à l'intérieur
du couple est essentiel.
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