Au delà du désir fusionnel
du couple, la sexualité n'est pas un lieu à part, un domaine
réservé, mais un lieu de rencontre essentiel à l'harmonie
du couple.
La sexualité s'inscrit
dans une histoire. C'est pourquoi le respect des différents temps de dialogue
peut faciliter cette lente construction.
Ce chemin est
marqué par des blessures. La plus marquante, consciemment ou
pas, est la rupture plus ou moins progressive de notre relation
fusionnelle avec notre mère, avec notre famille.
Si le couple
établit un dialogue serein à poropos de son
intimité, il peut trouver un bonheur et un plaisir qui lui
permettra de grandir et de s'appuyer sur son union.
Expériences...
Un des
mythes qui perdure chez l'adolescent est qu'une union est dès
le départ bonne ou mauvaise. L'ado justifie ainsi des essais
sexuels multiples, plus ou moins agrémentés par le jeu
de la séduction, de la conquête.
Mais en dehors des
cas extrêmes où la blessure est irréparable et de
l'ordre de la pathologie, la sexualité est une lente
construction à deux. En ce sens, les essais multiples brisent
souvent le potentiel de croissance que pourrait trouver un couple
fidèle.
Les
sexologues américains s'accordent maintenant pour dire que
l'orgasme de la femme est à son paroxysme après dix ans
de vie commune. En ce sens, la sexualité
télévisée du "très-beau-tout-de-suite"
est un leurre dangereux.
La sexualité
est un lieu de rencontre des coeurs et des corps dans une différence et une
complémentarité :
La Femme (légère caricature
mais non sans fondement)
Sa
sexualité nécessite, souvent pour la femme d'aller
très loin dans la rencontre et le dialogue. En effet, chez la
femme, le bonheur et le plaisir naissent d'une harmonie totale. Ils
n'ont de sens que lorsque la rencontre est l'aboutissement d'un long
dialogue amoureux, où chaque geste, chaque parole sont
inscrits, intégrés au sein d'une totalité plus
vaste que le charnel.
De plus, chez la
femme, le désir est lié à sa
fécondité. Il est le plus fort lorsque sa
fécondité est la plus forte. C'est pourquoi les
surprises sont souvent au rendez-vous...
Témoignage...
Au début,
j'étais énervée par la grande
disponibilité de mon conjoint, cette aptitude
à être physiquement prêt, à
être partant au quart de tour. Mon énervement
était d'autant plus grand que je n'étais pas
disponible, pour de nombreuses raisons, à notre
union. Mais l'attention que mon mari m'a
témoigné, son respect et sa patience, m'ont
appris à me rendre plus disponible, plus ouverte
à notre rencontre. En un sens, je me suis «
masculinisé » alors que lui se «
féminisait » dans nos rencontres. Maintenant, je
suis plus prête, plus attentive et parfois même
émerveillé par cette constance qu'il me
témoigne. En cela, je prends conscience que nos
rencontres sont un don, une joie, d'autant qu'elle prennent
avec le temps plus de saveur. Notre plaisir est de plus en
plus partagé et notre amour s'en trouve
grandi...
D. 14 ans de mariage
L'homme
Chez l'homme, souvent
plus rapide dans son désir, une attention marquée à
sa femme peut être une découverte d'un autre ordre. Celle
où le bonheur de l'autre, le plaisir de l'autre est bonheur pour
soi. La tempérance de ses pulsions est alors une voie nouvelle, un lieu de
rencontre plus intense, où vient culminer son plaisir, comme le
cadeau en retour du bonheur de l'autre.
Une
complémentarité en devenir
Mais au
delà d'archétypes souvent réducteurs, la
rencontre est un lieu de conjugaison, de symphonie. Conscient de
différences essentielles, chacun peut aussi laisser monter en
lui la part de masculinité ou de féminité qui
l'habite. C'est pourquoi la femme, en apprenant à être
plus ouverte et plus attentive au désir de son mari, peut
aller dans le sens d'une meilleure rencontre.
Chez l'homme, la tempérance,
la patience, la tendresse sont autant de chemins qui permettront d'améliorer
la qualité de la rencontre.
Sexualité au coeur d'un
tout
Le
grand écueil est de séparer la sexualité de
toutes autres formes de rencontre. La pudibonderie est souvent
néfaste quand elle exclue la sexualité de la
sphère du dialogue conjugal.
Au contraire,
lorsque la sexualité est au coeur de l'aujourd'hui du couple,
la surprise, la fête se prolonge naturellement dans la
sphère sexuelle.
La philosophie
faussement cartésienne qui distingue corps et coeur est
néfaste à l'harmonie conjugale.
M. et
Mme se disputent à table parce que la soupe n'est pas assez
chaude. M. part faire du bricolage et revient un quart d'heure
après, tout détendu. Il veut embrasser sa femme mais
cette dernière l'envoie promener. Elle est encore en train de
ruminer la réflexion sur la soupe....
La
différence des comportements, un peu caricaturale, traduit une
différence majeure entre homme et femme. L'un est tout
à l'instant présent, l'autre est dans la durée.
Dans ce sens, une rencontre sexuelle ne peut avoir lieu que lorsque
les deux se rencontrent. La femme ne pourra pas, a priori, accepter
de s'abandonner dans les bras de son mari si elle n'est pas en paix
dans son coeur, si la rencontre ne s'inscrit pas comme un tout.
Cela ne veut pas
dire qu'une évolution n'est pas possible. Au delà de
cette caricature, l'homme comme la femme sont appelés à
une plus grande attention mutuelle. C'est à travers cet
aménagement continuel, fait de dialogue et d'attention que le
bonheur et le plaisir partagés sont possibles.
On comprend que la
sexualité ne peut pas s'épanouir sans l'amour : l'une
et l'autre exigent du temps et un engagement des coeurs par un mutuel
don de soi..
L'orgasme à deux, mythe
ou réalité
Le
chemin tracé dans les lignes qui précèdent,
donne une voie où le couple peut trouver plus de bonheur et de
plaisir dans la rencontre.
A ce titre, la
rencontre peut aboutir à un plaisir plus grand, celui d'un
bonheur partagé. Mais ce bonheur ne se recherche pas, il est
de l'ordre du don reçu "en surcroît"...
Oh Noooonnnnnnnnnn !!!! :-))
Sexualité est
différent de la seule expression génitale de la
sexualité. La sexualité ne se réduit pas au
rapport sexuel.